Prendre un parent en charge coûte de l'argent, et le système fiscal belge en tient compte. Certains avantages sont substantiels. D'autres ont été réduits ou supprimés ces deux dernières années, et continuent pourtant de circuler sur internet comme s'ils existaient encore.
Ce guide fait le point sur ce qui s'applique aujourd'hui, avec les montants publiés par l'administration. Les règles bougent d'un exercice à l'autre : chaque chiffre précise donc l'année de revenus concernée.
Le parent à charge
C'est le dispositif qui pèse le plus lourd pour un aidant qui héberge son parent. Si les conditions sont remplies, une partie de vos revenus échappe à l'impôt.
Le montant dépend de la dépendance du parent
L'administration ne traite pas de la même façon un parent âgé autonome et un parent âgé dépendant, et l'écart entre les deux est de l'ordre du triple.
Pour un ascendant de 66 ans et plus en situation de dépendance, le supplément de quotité exemptée s'élève à 5.950 € pour les revenus 2025 et 6.100 € pour les revenus 2026. Sans cette condition de dépendance, la personne relève de la catégorie ordinaire et le supplément retombe à 1.980 € puis 2.030 €. Une personne à charge atteinte d'un handicap grave ouvre quant à elle un supplément de 3.960 € pour les revenus 2025 et 4.060 € pour les revenus 2026.
C'est donc l'état de santé du parent qui décide du montant, pas le seul fait de l'héberger.
Ce que « situation de dépendance » veut dire fiscalement
Le terme a un sens précis, plus strict que l'idée courante d'avoir besoin d'aide. Une personne est en situation de dépendance lorsque son autonomie est réduite d'au moins 9 points selon la grille d'évaluation prévue.
Cette situation doit être constatée officiellement, par la Direction générale Personnes handicapées du SPF Sécurité sociale, par Medex, par le médecin-conseil de votre mutualité ou par un organisme équivalent d'un autre État de l'Espace économique européen. Ce n'est pas une case à cocher de bonne foi dans la déclaration : sans constat, la condition n'est pas remplie.
Ce critère est distinct de la reconnaissance de handicap et plus restrictif qu'elle. Il n'exige en revanche pas que la perte d'autonomie soit survenue avant 65 ans.
Les autres conditions
Le seuil d'âge est de 66 ans depuis les revenus 2025, contre 65 ans auparavant, et passera à 67 ans à partir de l'exercice 2031.
Le parent doit faire partie de votre ménage au 1er janvier de l'exercice d'imposition, c'est-à-dire être réellement domicilié chez vous. Déclarer un parent à votre adresse alors qu'il vit ailleurs n'est pas une optimisation, c'est une fausse déclaration. Si plusieurs enfants participent aux frais, un seul peut porter le parent à charge : celui qui est à la tête du ménage où le parent est domicilié.
Ses ressources nettes, enfin, ne doivent pas dépasser 4.100 € pour 2025 et 4.200 € pour 2026. Ce plafond décourage beaucoup de familles à tort, parce qu'on le compare spontanément au montant d'une pension. Or les pensions perçues par un ascendant de 66 ans et plus en situation de dépendance ne comptent pas dans ce calcul, jusqu'à 33.050 € pour les revenus 2025. Ce montant est indexé chaque année. Une pension ordinaire ne disqualifie donc pas votre parent.
Les montants et conditions sont publiés par le SPF Finances, et le détail des ressources exclues figure sur sa page consacrée aux ressources nettes. Vérifiez-les avant de compléter votre déclaration.
Une limite à connaître avant de compter dessus : contrairement aux enfants à charge, il n'existe pas de crédit d'impôt remboursable pour les autres personnes à charge. L'avantage réduit l'impôt dû, et s'éteint si vous n'en payez pas.
Les dons aux associations
Si vous soutenez financièrement une association qui accompagne votre parent, la Ligue Alzheimer ou Aidants Proches Wallonie par exemple, vos dons ouvrent une réduction d'impôt. Il faut verser au moins 40 € par an et par institution, et que l'organisme soit agréé et délivre une attestation fiscale.
Le taux, lui, a changé : la réduction est passée de 45 % à 30 % pour les dons effectués depuis le 1er janvier 2025.
L'argent que vous versez à votre parent lui-même, en revanche, n'est pas déductible. Aider financièrement un proche relève de la solidarité familiale, pas de la libéralité au sens fiscal. Seuls les dons à des institutions agréées entrent en ligne de compte, comme l'explique la page dons du SPF Finances.
Les titres-services
L'avantage fiscal des titres-services s'est réduit à presque rien, et de façon différente selon la région.
En Wallonie, la réduction d'impôt est de 0,90 € par titre, limitée aux 150 premiers achetés dans l'année, soit 135 € par an au maximum. Ce montant est fixe et n'évolue pas avec le prix du titre. Deux conjoints disposant chacun d'un numéro d'utilisateur peuvent en bénéficier séparément. À Bruxelles, l'avantage est supprimé pour les titres achetés depuis le 1er janvier 2026, et en Flandre depuis le 1er janvier 2025.
Les titres-services restent utiles pour dégager du temps d'aidant, mais il faut désormais les considérer comme une dépense presque nette. Les conditions sont détaillées par le SPF Finances et, pour la Wallonie, par le service régional des titres-services.
Comment est imposée l'allocation de congé aidant proche
L'allocation que verse l'ONEM pendant un congé thématique aidant proche est imposable, en tant que revenu de remplacement. Un précompte professionnel est retenu à la source : 10,13 % en cas d'interruption complète, 17,15 % en cas de réduction à mi-temps ou d'un cinquième. Cette retenue diminue le montant perçu chaque mois, mais elle évite une régularisation désagréable au décompte final. Les modalités sont décrites par l'ONEM.
Les durées et conditions du congé lui-même ont été revues au 1er juillet 2026 ; elles sont détaillées dans notre article sur les aides financières pour aidants proches.
Ce qui relève de votre parent, pas de vous
La réduction du précompte immobilier pour personne handicapée porte sur le logement occupé par votre parent, s'il est reconnu avec une invalidité d'au moins 66 % constatée avant 65 ans. Elle prend la forme d'un montant forfaitaire en Wallonie et d'un pourcentage du précompte à Bruxelles. Les conditions s'apprécient au 1er janvier de l'année concernée et la demande se fait auprès de l'administration fiscale régionale. Le portail securitesociale.be recense les mesures fiscales liées au handicap.
Si votre parent perçoit l'APA ou la GRAPA, demandez à votre mutualité comment ces allocations sont traitées dans votre situation, tant pour son propre impôt que pour le calcul de ses ressources nettes. Notre guide sur l'APA détaille les démarches d'octroi.
Vous accompagnez un proche âgé et cherchez une maison de repos adaptée ?
Deux erreurs à éviter
La première consiste à déclarer en frais professionnels ses déplacements chez son parent. Les frais professionnels réels, qu'on déduit à la place du forfait légal, doivent être liés à l'acquisition ou à la conservation de vos revenus professionnels. Les trajets pour aller aider un parent et les courses faites pour lui relèvent de la vie privée. Les déclarer expose à un redressement.
La seconde est l'inverse : ne pas déclarer un parent qui remplit pourtant les conditions, souvent parce qu'on ignore que la catégorie « ascendant en situation de dépendance » existe, ou parce qu'on renonce en croyant que sa pension dépasse le plafond de ressources alors qu'elle en est largement exclue. Si votre parent vit chez vous, a 66 ans ou plus et a perdu de l'autonomie, la première démarche est de faire constater cette dépendance auprès de votre mutualité ou de la DG Personnes handicapées.
Faire le point, et se faire aider
La déclaration se complète via Tax-on-web ou sur papier. Pour le parent à charge, la section « Personnes à charge » demande son identité, le lien de parenté et la case correspondant à sa situation. Conservez les pièces justificatives, à commencer par le constat de dépendance et l'attestation de domicile : l'administration peut les réclamer plusieurs années après.
Le service social de votre mutualité donne un premier avis gratuitement, et c'est souvent lui qui gère aussi le constat de dépendance. C'est le point de départ le plus simple. Pour les situations vraiment complexes, un patrimoine partagé ou un mandat extrajudiciaire déjà en place, un comptable ou un conseiller fiscal reste le bon interlocuteur.
Refaites le point chaque année. L'entrée en maison de repos change la domiciliation, et donc la condition de ménage. Une aggravation de la dépendance peut faire basculer d'une catégorie à l'autre. Ces situations évoluent vite, et l'avantage fiscal ne suit pas tout seul.
Faire le bilan complet des aides disponibles
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Pour aller plus loin
- Aides financières pour aidants proches en Belgique — Le panorama complet des soutiens financiers, fiscaux et sociaux.
- Statut d'aidant proche en Belgique — La reconnaissance préalable à plusieurs avantages.
- APA : guide de l'allocation pour personnes âgées — L'aide directe pour le parent aidé.
- Obligation alimentaire et maison de repos en Belgique — Ce que le CPAS peut réclamer aux enfants.
- Épuisement de l'aidant proche : signes et solutions — Ce que l'argent gagné peut financer en répit.

